« J’ai habité Orval pendant les premières années de ma vie ». Eh oui, Orval n’est pas qu’une abbaye. Ce sont aussi quelques maisons oubliées de Villers-devant-Orval, le village le plus proche. A Orval, quelques habitants. Les enfants se retrouvent pour partager des jeux, des temps privilégiés. « Mais j’ai passé la plupart de mon temps à Villers. A l’école, sur le temps de midi, je ne rentrais pas chez moi. Mes amis étaient à Villers ». Et donc, presque tout naturellement, Anthony est lui aussi venu s’installer à Villers-devant-Orval. Pour d’incroyables aventures.
Dans le village, tout le monde connaît tout le monde : c’est presque partout pareil. Mais quand la plupart se retrouvent autour d’un défi commun, c’est encore tout autre chose.
« Nous avions un voisin passionné d’audio-visuel. Mes amis et moi étions toujours chez lui à faire des montages son ou vidéo ». La radio locale, Radio Linéaire à l’époque, faisait ses tout premiers pas. Et à force de passer son temps à sonder l’univers du son, Anthony a pris ses marques. « J’ai quinze ans de radio derrière moi. J’ai même eu l’occasion de travailler pour une radio régionale ». Ce parcours a en plus été jalonné de redécouvertes : « Parmi les membres de la radio de l’époque, certains se destinaient au journalisme. Ils nous ont donc fait bénéficier de leurs expériences, de leurs apprentissages ». Radio Sud, puisqu’il s’agit bien de cette association, une radio de proximité ? Oui, par l’esprit de petite famille qu’elle génère, sur lequel elle repose mais aussi par le public à qui elle s’adresse. « La force de notre radio locale est sa diversité ». Il y en a, il y en aura pour tout le monde.
A côté du son, l’image aussi. « Il y a quelques années, une véritable chaîne de télévision sévissait sur Villers-devant-Orval. On reproduisait, à notre sauce, des émissions du type La Chasse au Trésor. Rien à envier aux professionnels : avec le peu de matériel dont on disposait, on parvenait à des résultats incroyables ». Et fédérateurs. Mener une enquête en plein coeur de Villers-devant-Orval mobilisait toutes les connaissances, les volontés, les envies d’aider les participants dans leur quête. En plus, à la clé, demeurait l’une des plus belles récompenses pour tous : être fiers d’habiter Villers et ses réjouissances.
Image veut aussi dire photo. « Depuis toujours, je suis mordu de photographie. Ce qui m’inspire : un goût d’impossible ». Capturer l’éclair d’une nuit noire sur la pellicule, par exemple, est un défi qu’Anthony a relevé. « J’ai mis des années à attendre le bon moment pour que le cliché se réalise ». Anthony sait provoquer la chance… Comme sur ces circuits automobiles où il court le bon moment, le bon endroit. « En photographiant des voitures en pleine vitesse, des pilotes, je concilie mes deux passions. Et puis, que de belles rencontres… ». Parce qu’en égrenant tous les circuits de Belgique et d’ailleurs, Anthony est presque devenu familier de certains personnages. « On se reconnaît. On échange quelques mots, parfois des photos et surtout des impressions ».
Sur la course du rêve, Anthony part gagnant. Ses envies, il les vit à plein régime. « Le milieu est fermé. Seulement soixante photographes se répartissent l’univers automobile sur le monde. Pour l’instant, je me familiarise avec cet univers. Après quoi, on verra… ». Comme on verra – ou plutôt on entendra – Anthony grandir dans la « voix » sur laquelle il s’est engagée. A vos postes radio, prêts, partez…